Montréal, le 22 septembre 2010 – L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et ses partenaires du programme Faites de l’air!/Adieu bazou profitent de l’événement En ville sans ma voiture toute la semaine pour féliciter les nombreux Québécois qui, depuis un an, ont fait le choix des transports collectifs et actifs après s’être débarrassés de leur vieux bazou de façon responsable. Grâce à eux la démonstration est faite, il est possible de changer ses habitudes : étudier, travailler et se divertir en ville, sans sa voiture !

Au Québec, c’est un participant sur quatre du programme Faites de l’air!/Adieu bazou qui a choisi de ne pas racheter un véhicule. Ces derniers ont plutôt opté pour le transport collectif, le covoiturage, l’auto-partage ou les transports actifs (vélo, marche, patin). Pour la grande région montréalaise, c’est 30% des participants qui ont choisi les transports collectifs et actifs. Un sondage effectué auprès d’eux démontre que les deux tiers des bénéficiaires de cette récompense continueront à emprunter le transport en commun après le quinzième mois, ce qui est un grand pas pour la qualité de l’air.


Transport gratuit pour 15 mois – Des économies substantielles - Grâce au soutien des autorités organisatrices de transport partenaires, les participants du programme bénéficient de 15 mois de transport gratuit en échange du recyclage de leur bazou. Cette récompense représente une économie d’une valeur variant entre 1 000$ à 3 330$ pour les différents usagers de la TRAM (trains de banlieues, autobus, métro). Des rabais semblables sont offerts à Trois-Rivières, Sherbrooke, Québec, Lévis et Gatineau. À cette économie, s’ajoute aussi les économies liées à la consommation de carburant, à l’entretien des véhicules, des frais de stationnement, au non-renouvellement des plaques d’immatriculation et des assurances auto, soit environ 9 500$ par an pour une voiture de catégorie intermédiaire roulant 20 000 km, selon les chiffres du CAA-Québec.

«Le programme Faites de l’air! est un excellent incitatif pour que les gens troquent leur voiture contre le transport collectif. En expérimentant d’autres modes de déplacement, les automobilistes en apprécieront les avantages et, ultimement, ils changeront leurs habitudes. Ce sont des gestes concrets comme Faites de l’air ! qui permettront d’opérer un véritable changement dans les déplacements métropolitains et urbains», mentionne Joël Gauthier, président-directeur général de l’Agence métropolitaine de transport (AMT).

L’équivalent de 500 000 véhicules en moins sur les routes

Selon Environnement Canada, les véhicules de modèle 1995 et d’avant produisent 19 fois plus de pollution atmosphérique que les véhicules fabriqués à partir de l’année 2004. À kilométrage égal, le retrait de 26 000 voitures de l’année 1995 et des années antérieures équivaut à retirer 500 000 voitures de 2004 ou plus récentes. «Ce qui fait encore beaucoup de voitures sur nos routes! Selon les données de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), le parc automobile du Québec – véhicules de promenade et camions légers- a augmenté de près de 400 000 en six ans (2004-2009), dont 230 571 pour les cinq régions périphériques de la métropole, soit la Montérégie, Laval, les Laurentides, Lanaudière et Montréal » constate André Bélisle, président de l’AQLPA. Il rappelle que chacun de ces véhicules roule un plus grand nombre de kilomètres d’année en année et que les véhicules sont de plus en plus lourds[1] donc consomment plus. Il souhaite que la population s’approprie les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de 20% au Québec et de 30 % à Montréal d’ici 2020 par rapport à 1990[2]. «Soixante-huit jours[3] de mauvaise qualité de l’air à Montréal en 2009, c’est trop !» ajoute-t-il en rappelant les effets néfastes des polluants atmosphériques sur la santé cardio-pulmonaire, comme l’irritation des poumons, des yeux ou du nez, ainsi que le mauvais transport de l’oxygène dans le sang et l’apparition de maladies cardio-vasculaires.

Si les vieux véhicules sont plus polluants, c’est qu’ils ont été construits avant le resserrement des normes antipollution et l’arrivée de technologies moins polluantes à partir de 1996. «Plus un véhicule vieillit, plus son rendement d’émissions se détériore. Ceci est d’autant plus vrai que, contrairement à plusieurs états et provinces, le Québec ne possède pas encore de Programme d’inspection et d’entretien obligatoire des véhicules automobiles», ajoute M. Bélisle.

Lutte aux changements climatiques et au smog urbain - Le remplacement de 26 000 vieux véhicules par des véhicules plus récents ou des modes de transport actif a permis de réduire de 1 170 tonnes les polluants contribuant au smog, incluant les émissions de composés organiques volatils (COV) et d’oxyde d’azote (NOx). Ces deux polluants contribuent à la formation de l’ozone troposphérique, un irritant respiratoire et un composant important du smog. Faites de l’air!/Adieu Bazou a aussi permis une réduction d’au moins 7 815 tonnes de dioxyde de carbone (CO2), réduction qui persistera dans le temps. Le programme a également permis d’assurer la récupération écologique de 17 690 tonnes de métaux, 520 000 litres de liquides (essence, huile, etc.) et plus de 3,32 kilogrammes de mercure, un contaminant extrêmement toxique.

«Pour diminuer nos émissions de GES de 20 % d’ici 2020 au Québec, nous devons opérer un véritable transfert modal de l’auto solo vers le transport collectif et actif. Un de nos défis consiste à proposer à la population une offre de mode de transport diversifiée qui leur permette de choisir le mode le plus approprié pour un type de déplacement en fonction notamment de la saison, que ce soit le vélo, le transport collectif, la location d’autos, le taxi ou encore le covoiturage. Cette complémentarité des modes de mobilité urbaine, appelée cocktail transport, peut considérablement réduire notre dépendance à l’auto ainsi que l’émission de gaz à effet de serre et contribue à l’amélioration de la qualité de vie de tous», a souligné M. Michel Labrecque, président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal, partenaire du programme.

«Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit qu’en l’absence d’interventions concrètes, les émissions de gaz à effet de serre pourraient augmenter de 25% à 90% entre 2000 et 2030. Ce groupe estime également que le réchauffement global du climat pourrait atteindre entre 1.1oC et 6.4oC d’ici 2100. Le secteur du transport génère environ 29% des gaz à effet de serre aux États-Unis et environ 40% au Québec. Dans une ville comme Laval, où on compte peu d’activités industrielles polluantes, le transport représente -toutes proportions gardées- une source encore plus significative, soit plus de 60% du total des émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi nous croyons que les initiatives telles les Alertes au smog, où le tarif des autobus de la STL est à 1 $ représentant un rabais de 64 %, font figure de proue et constituent une façon concrète et accessible d’inciter les lavallois à faire leur part dans la réduction des gaz à effet de serre. Il faudra étendre nos stratégies pour créer un impact nous évitant que le scénario du pire devienne inéluctable», a conclu le directeur général de la Société de transport de Laval, M. Pierre Giard.

À propos de Faites de l’air! (www.faitesdelair.org) / www.aqlpa.com)

Faites de l’air! est le programme de recyclage de vieux véhicules polluants mis sur pied au Québec par l’AQLPA en 2003. Son objectif est de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air, de combattre les changements climatiques et d’inciter les citoyens à utiliser des modes de transport durables. Depuis le printemps 2009, Faites de l’air! est partenaire du programme canadien de recyclage Adieu Bazou. Depuis décembre 2009, Faites de l’air! est appuyé financièrement par le gouvernement du Québec.

À propos du programme Adieu Bazouwww.adieubazou.ca

En juin 2008, le gouvernement du Canada a affecté 92 millions de dollars à la mise en œuvre du programme Adieu bazou pour aider les Canadiennes et les Canadiens à retirer leur vieux véhicule polluant de la circulation et les encourager à faire des choix durables en matière de transport, des choix qui réduiront la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre contribuant aux changements climatiques. Adieu Bazou est diffusé au niveau national par Summerhill Impact, et soutenu par un réseau de partenaires régionaux. Le programme prendra fin le 31 mars 2011.  

 

-30-



[1] Dossier statistiques bilan 2009, SAAQ, juin 2010.

[2] Objectif du Plan de développement durable de la collectivité montréalaise, 2010-2015.